Vendredi 31 août 2007
« Le savoir est le seul outil de production qui ne soit pas sujet aux rendements décroissants ». Citation de John M. Clark.
 
Pour certains praticiens il semblerait que le choix du recrutement d’un candidat dépend fortement du contexte « culturel » du pays du recruteur mais aussi sur le choix entre: « généraliste spécialisé » et « spécialiste ».
 
Les fervents des « spécialistes » sembleraient douter des deux points suivants :
-                     La transférabilité des expériences dans un contexte culturel différent et dans un style de gestion d'entreprise possiblement aussi différent de ceux que l’individu a pu connaître ;
-                     Un « généraliste spécialisé » est un élément moteur pour l’entreprise et ce quel que soit le contexte économique et culturel.
 
Ces deux points sont intimement liés et font appels aux notions de « capital humain » et « capital-savoir ».
 
Si lors de l’apparition du « Taylorisme », méthode de travail basée sur une double division du travail, à savoir : une séparation entre la conception et l’exécution et dans un deuxième temps sur une parcellisation des activités et la spécialisation des ouvriers attachés à leur poste fixe et à une opération spécifique, celle-ci pouvait avoir toutes ses vertus. Depuis fort longtemps et encore plus aujourd’hui, il est difficile d’opter pour ce concept limitatif et restrictif de l’organisation du travail et ce à tous les niveaux de la hiérarchie. L’ouverture à l’information et la mondialisation rendent caduque encore plus le « Taylorisme », même si très souvent le premier point de ce concept reste d’actualité et que de nombreuses personnes se sentent encore uniquement des exécutants. Au XXIème siècle, le capital immatériel est devenu le vecteur de la société. Deux des composantes de ce capital immatériel sont la connaissance et la créativité. Nous parlons en ce sens au niveau microéconomique de capital intellectuel et de « valeur-savoir ». Ces notions font également appel au « capital humain », c’est à dire à l’ensemble des aptitudes, des talents, des qualifications et expériences accumulés par un individu et qui déterminent en partie sa capacité à travailler pour lui-même ou pour les autres. Ne pas prendre en compte ces éléments fondamentaux peuvent avoir des conséquences dramatiques pour l’entreprise car elle risque d’annihiler les motivations des individus dans leur emploi. Ces derniers auront le sentiment d’être uniquement des exécutants. Il risque d’avoir une inadéquation totale entre leur vision de l’implication dans leur emploi ( « job involvement » ) et l’implication personnelle. En d’autre terme, ils ne seront plus concernés par tout ce qui touche à l’emploi et le souhait de la réussite de l’organisation. Ne pas donner aux individus la possibilité d’évoluer et d’être partie intégrante dans l’entreprise, en les confinant uniquement à des tâches spécifiques et/ou parcellaires, risquent de détruire la créativité des individus qui se sentent impliqués. 
 
Au vu de cette réflexion, il semblerait que l’employabilité des individus « généralistes spécialisés » au détriment des « purs spécialistes » serait le choix à retenir. Leurs visions transversales de l’entreprise et de son environnement leur donnent une valeur ajoutée substantielle que n’ont pas forcément les « spécialistes » avec leur vision verticale. Ce choix est d’autant plus important lorsqu’il s’agit d’employés, d’agents de maîtrise, de cadres et de dirigeants car avoir une vision globale de l’entreprise, conjuguée avec une culture personnelle même différente du pays, ne peut qu’être un facteur enrichissant pour l’entreprise. Ce « capital culturel » peut être un avantage concurrentiel et être capitalisé comme une immobilisation incorporelle. C’est un actif important pour l’entreprise.
 

Qu’en pensez-vous ?

par mfgmasson publié dans : Ressources Humaines
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Mardi 14 août 2007
Ci-dessous un extrait de ma thèse, datant de 1997, intitulé « Comment mesurer la satisfaction du client afin d’améliorer l’image de l’entreprise ? ». Après lecture, je souhaiterais avoir l’opinion des lecteurs sur le point suivant : Selon vous, est-ce que nous sommes dans le paradigme ?
 
Extrait :
……………..
  1. Le contraste entre la vision des théoriciens et celle des praticiens : 
Ces contrastes sont notables sur plusieurs points importants.
 
Contrairement aux chercheurs, les praticiens ne se préoccupent pas réellement des composantes psychologiques de la satisfaction; ils ne font que constater les variations des dimensions de satisfaction selon les clients et qu’examiner les méthodes d’étude comparant attentes et performances perçues.
 
Selon les chercheurs, il est souhaitable que l’entreprise compare ses résultats à ceux de la concurrence. Cette pratique n’est pas généralisée.
 
Les chercheurs voudraient que les responsables de la satisfaction soient proches de la direction générale pour générer l’impulsion nécessaire à la réalisation de meilleurs scores. Sur le terrain, le niveau des responsables est variable dans la hiérarchie mais atteint rarement celui des dirigeants.
 
La préoccupation des praticiens est de satisfaire le client; la satisfaction du personnel est rarement étudiée pourtant tout un courant des recherches provenant de Havard affirment que satisfaction interne et externe sont liées.
 
Les mesures de la satisfaction ne débouchent pas toujours sur des politiques de qualité cohérentes et réfléchies. Les entreprises mettent au point des méthodes élaborées de mesures de satisfaction qui donnent une bonne information sur les clients, mais les conséquences stratégiques et structurelles permettent d’affronter une éventuelle concurrence ne sont pas dégagées.
 
De façon générale, il y a confusion entre politique de satisfaction et politique de mesure de la satisfaction. Il n’y a pas de lien entre les actions de mesure et une véritable politique de qualité. La raison de ce phénomène pourrait être la véritable révolution culturelle, structurelle et fonctionnelle que cela impliquerait dans l’entreprise.
 
Il y a donc un écart important entre le concept des théoriciens et les pratiques des entreprises. Cependant la nature et l’ampleur de ces écarts sont variables et l’on peut, à titre exploratoire, proposer une typologie en distinguant quatre types d’entreprises, sans pour que cela soit définitif :
-         Celles qui commencent à se préoccuper de la satisfaction des clients, à étudier cette satisfaction avec les « moyens du bord » en utilisant une méthodologie rudimentaire, sans réflexion approfondie, et peu coûteuse ( en interne );
-         Celles qui ont mis en oeuvre une véritable démarche de mesure de la satisfaction, faisant appel à des cabinets spécialisés. Elles utilisent des méthodes plus rigoureuses. Elles effectuent des mesures répétées et obtiennent des informations utiles et comparables. Elles font réaliser des enquêtes, des études qualitatives puis quantitatives qui aboutissent à identifier les déterminants de la satisfaction des clients. Mais si ces entreprises sont capables d’effectuer des mesures fiables de la satisfaction, elles ne vont pas jusqu’à mettre au point les conduites visant à l’améliorer.
-         Celles qui mènent des études de satisfaction dans le cadre d’une vraie stratégie de qualité. Les études sont méthodiquement menées, portent sur un large échantillon et sont conçues pour donner des résultats différenciés. Elles sont utilisées pour mettre au point des actions concrètes d’amélioration de la satisfaction et ensuite pour mesurer les effets de ces actions. Cependant, ces entreprises rencontrent des difficultés soit dans la définition soit dans la réalisation d’une politique concrète de satisfaction.
-         Seules, celles dont la direction générale s’implique dans la politique de satisfaction du client réussissent à intégrer parfaitement les études de satisfaction à une véritable politique de qualité, tel que Heskett le définit. Modifier les comportements et les actions en vue d’améliorer le service au client, dans le cadre d’une politique de qualité totale, sont très difficiles. Toute entreprise doit être concernée à partir de la direction générale. Les mesures de satisfaction fournies par les études deviennent un outil essentiel dans la mise en oeuvre d’une stratégie de qualité de service.
 
Ces quatre catégories d’entreprises sont chacune aux différentes étapes de la mise en place d’une politique d’amélioration de la satisfaction. Le passage d’un stade à l’autre est difficile à réaliser et exige des efforts particuliers.
-         Du stade 1 au stade 2, il faut une analyse approfondie sur le concept de satisfaction et sur les méthodes de mesure.
-         Du stade 2 au stade 3, il faut une analyse complète, souvent délicate, des mesures obtenues pour identifier les axes de satisfaction prioritaires et les moyens de l’améliorer sur ces points.
-         Le passage du stade 3 à 4 demande que toutes les étapes de la production et de la distribution soit orientée vers la satisfaction du client. L’entreprise est mobilisée pour atteindre ce but.
 
 
  1. Les déterminants de l’appartenance à une catégorie plutôt qu’une autre : 
On peut se demander pourquoi certaines entreprises sont plus en avance que d’autres dans le processus, pourquoi certaines franchissent les étapes plus vite en direction d’une politique efficace de la satisfaction ?
 
L’implication de la direction générale semble être un facteur déterminent pour le succès et la cohérence de la démarche.
 
Le souci de satisfaction peut avoir, par exemple, pour origine mobilisatrice l’examen des réclamations ou les conclusions des cercles de qualité.
 
Le secteur d’activité de l’entreprise qui l’expose plus ou moins à la concurrence ou l’oriente plutôt vers le service exige plus ou moins une politique élaborée de satisfaction.
 
L’orientation des entreprises vers le client et le marché provoque les progrès plus ou moins grands qu’elles réalisent vers une politique globale de satisfaction de la clientèle.
 
L’orientation vers le marché a été définie par KOHLI et JAWORSKI ( Market Orientation : The Construct Research – Proposition and Managerial Implications – Journal of Marketing – 1990 )  comme « la génération, dans l’entreprise, de l’intelligence du marché concernant les besoins actuels et futurs des consommateurs, la dissémination de cette intelligence à travers les services, et la capacité de l’organisation à répondre à ces besoins ». L’orientation marché est donc le phénomène par lequel une entreprise s’ouvre vers son environnement ( ses clients et ses concurrents ) plutôt que de rester centrée sur elle-même. La connaissance acquise en étudiant l’environnement est ensuite diffusée en interne et utilisée pour mettre en oeuvre des réponses adaptées. Une entreprise pratiquant cette stratégie semble davantage en mesure de satisfaire sa clientèle. L’ouverture au marché de l’entreprise semble liée à sa capacité de mettre en oeuvre une politique efficace d’amélioration de la satisfaction. ………..
par mfgmasson publié dans : Marketing
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Mercredi 1 août 2007
L’importance du « facteur humain » dans la gestion des entreprises, quelles que soient leurs tailles ou leurs activités, est une évidence que nul ne peut plus contester ; d’autant qu’aucune entreprise ne se ressemble et aucun individu n’est identique. L’embauche d’un nouveau salarié est une décision stratégique et le faire dans l’improvisation sera probablement néfaste à l’entreprise. Dans cette optique, nous verrons que si les entreprises ont pris conscience de l’importance que relève un bon recrutement et ont su l’optimiser en optant pour une évaluation systématique de leurs besoins, il en ait de même pour les candidats qui dorénavant utilisent de nouvelles méthodes pour mieux cibler les postes à pourvoir et être en adéquation avec leur aspiration.
 
Avant même de passer une annonce d’offre d’emploi ou de contacter un cabinet de chasseurs de têtes, voire de s’adresser aux viviers que représentent les grandes écoles, et surtout avant de rencontrer des candidats à l’embauche, les entreprises évaluent leurs besoins. Cette évaluation consiste à faire le point sur l’entreprise, son marché, ses salariés, ses moyens, ses perspectives de développement et à obtenir le consensus de tous les décideurs. Uniquement après avoir validé cette étape, que l’entreprise aura une bonne définition du profil recherché en prenant en considération tant les compétences et le savoir-faire que les qualités personnelles pour une bonne intégration. D’un bon travail en amont découlent parfois de bonnes surprises, comme celle de trouver l’oiseau rare en interne, ou de recruter un profil atypique car le travail de définition de poste a permis de mettre en évidence pas un seul profil adéquat mais plusieurs types de profils possibles. De nos jours, cette étape d’évaluation des besoins et de définition du profil est relativement bien intégrée dans les entreprises.
 
Parallèlement à la recherche par l’entreprise de « the right man at the right place », les candidats s’adaptent aux exigences du marché et analysent mieux la corrélation entre « poste à pouvoir et poste recherché ». L’objectif est de satisfaire à leurs attentes, d’optimiser leurs recherches et de gagner du temps. Pour ce faire, ils utilisent de plus en plus tous les moyens mis à leurs dispositions par les réseaux et les nouvelles technologies en recherchant les informations essentielles sur les entreprises. L’intérêt d’une telle démarche pour le candidat est de pouvoir mieux cibler ses choix afin d’orienter ses recherches et d’essayer de dégager les besoins et les attentes de l’entreprise « cible ». Le candidat devra se mettre à la place du recruteur et se poser des questions telles que : pourquoi décide-t-il de recruter ? Comment procède-t-il ? Quels sont ses objectifs et ses problèmes ? Qu’attend-t-il des candidats ? Est-ce que la pluridisciplinalité est un facteur déterminant ? Est-ce que l’entreprise recherche uniquement des spécialistes dans un domaine précis ? En outre, il devra prendre en considération les usages locaux car, par exemple, les modèles ne sont pas les mêmes en France qu’au Canada. Il devra porter une attention particulière sur la rédaction de sa lettre de présentation et son curriculum vitae. Suivant le contexte, certains renseignements peuvent être jugés comme un atout ou comme discriminatoire. Fort de toutes ces informations et/ou interrogations, et pour répondre correctement et objectivement, le candidat devra faire sa propre autobiographie, rechercher s’il y a un terrain d’entente entre l’offre et lui, établir la corrélation avec ce qu’il recherche ( nature, notoriété, stratégie de l’entreprise,…, le climat et l’environnement de travail, le rôle et les responsabilités, la rémunération et les autres avantages ), mettre en place une fiche de suivi des résultats et un agenda des rendez-vous et remplir une fiche de renseignements sur la société prospectée.
 
En conclusion, le recruteur et le candidat ont le même « mindset » : « évaluation des besoins et des attentes »  et le même objectif : « se placer dans une perspective de long terme » mais ils utilisent uniquement des moyens différents pour y parvenir.
 

 

par mfgmasson publié dans : Ressources Humaines
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